La neige et l’eau.

Je n’ai pas écrit depuis quelques mois. Pas d’articles du moins. Ce n’est pas l’envie qui manque, c’est peut-être le temps, peut-être l’organisation. Peut-être que j’ai été absorbée par ma propre vie.

La dernière fois que j’ai écrit, je disais que je plongeais. Depuis, je suis toujours dans l’eau. Je fais la planche sur le dos. L’avant de mon corps en surface est réchauffé par le soleil qui fait sécher le haut de mes cuisses, ma poitrine et mon visage. Je ferme les yeux et je me laisse porter par le doux courant chaud. Les oreilles sous l’eau, je n’entends plus un bruit, que le silence et je me sens en paix. J’ai un demi sourire sur le visage. Je respire.

Je me sens si bien dans ce lagon, dans cette eau turquoise. Comme quoi, cela ne servait à rien de s’inquiéter des poissons, des algues, ou des sirènes. Je n’aime toujours pas trop l’idée des sirènes, mais je n’y pense presque pas. Si j’y pense, je replonge la tête dans l’eau, je fais quelques brasses et je me reconnecte à cette sensation douce et enveloppante de l’eau chaude qui m’entoure.

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Plonger.

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Cependant, certains sont quand même assez similaires. Ils sont une progression, une continuation du jour précédent. On avance, on poursuit, on continue. Le paysage du jour n’est pas si différent de celui de la veille même si l’on y croise, peut-être, un chevreuil, alors qu’hier les prairies étaient désertes. On reste sur la même route, on a regardé le trajet à l’avance donc il n’y aura pas nécessairement de surprise.

Mais il suffit d’une minute, ou plutôt d’une seconde pour que cela change. Même si on avait anticipé son parcours, peut-être que l’on n’avait pas vu sur la carte qu’il y avait une cascade à gauche, après le virage. On était trop occupé.e à regarder le temps de trajet et la météo. Puis là, on prend ce virage et… surprise. Continuer à lire … « Plonger. »

Transformer la colère en indignation

Depuis plusieurs mois, je me sens régulièrement et de plus en plus fréquemment affectée par la constatation de l’effondrement progressif de notre monde. J’entends notamment par cela la destruction des écosystèmes, le creusement des inégalités sociales, les multiples injustices et le capitalisme en général. Plus le temps passe et plus mes yeux s’ouvrent sur ce qui est réellement en train de se passer dans le monde. Et « le monde » ne me semble plus être une sorte de concept détaché de « ma petite vie de privilégiée ». Ce monde, j’en fais totalement partie et malheureusement, certaines de mes actions contribuent à sa destruction que je perçois de plus en plus comme une fatalité. Cette fatalité ne me semble plus abstraite et lointaine: je réalise aujourd’hui que je suis spectatrice du début de la fin. Le système complet est voué à l’échec. C’est prouvé depuis longtemps, de nombreuses personnes ont sonné l’alerte il y a une cinquantaine d’années et puisque que le nécessaire n’a pas été fait, nous commençons à en payer le prix. Il nous reste à peine quelques années pour renverser la donne et changer les choses, avant qu’il soit définitivement trop tard. Continuer à lire … « Transformer la colère en indignation »

La bienveillance est à la mode, et alors?

Il y a quelques jours, une personne que je connais a fait une réflexion qui m’a surprise. Cette personne trouve que les safe spaces – ces endroits sécuritaires où la parole est libre, bienveillante et où l’on ne se juge pas – sont devenus (trop) à la mode. On en trouverait presque à chaque coin de rue et ces espaces ne seraient pas vraiment utiles. Son argument? Le jugement est constructif a posteriori (c’est-à-dire après avoir pris connaissance de ce à propos de quoi l’on exprime un avis) car la critique est nécessaire pour avancer. Son point était que dans ses projets artistiques, il a besoin de recevoir ce jugement des autres, ce qui l’aide à progresser et je le comprends.

Le problème que me pose son argumentaire, comme je lui ai dit, c’est qu’il mélange deux choses à mon sens. Les safe spaces ne sont pas des galeries où l’on expose nos œuvres devant un public et des journalistes. Critiquer une création, résultant du « faire » n’a rien à voir avec juger une personne, qui relève du « être ». Parfois bien sûr, une personne va avoir besoin d’un safe space pour se livrer au sujet de ses actions passées, regrettables voire honteuses, mais ce ne sont souvent des actes impulsifs qui ne résultent pas d’une démarche volontaire de création. Continuer à lire … « La bienveillance est à la mode, et alors? »

Se fier à soi

Ces derniers temps, je laisse plus de place à ce que je ressens pour prendre des décisions et, par conséquent, moins à ce que mes pensées rationnelles et logiques – s’il en est – pourraient me dicter. Bien sûr, mon côté réfléchi et pragmatique est toujours bien présent et tant mieux pour moi. Mais il n’occupe plus 90% des sièges à l’assemblée. Je ne cherche pas à le pousser vers la sortie cependant. Il est quand même légitime à s’exprimer contrairement, par exemple, à un groupe d’hommes blancs, privilégiés et extrêmement cons qui -quand bien même dépourvus d’utérus – pensent devoir et pouvoir donner leur avis au sujet du droit à l’avortement. Si ce n’était pas si grave, je pourrais en rire.

Mais je m’égare, je n’étais pas partie pour parler de ce sujet là. Avant, je suivais donc bien plus ma tête que mon cœur et cela tend aujourd’hui à devenir plus équilibré. Je dirais même qu’en premier lieu, j’écoute ce que je ressens, puis j’interroge ensuite l’autre partie en respectant son temps de parole.

Et concrètement, ça change quoi? Continuer à lire … « Se fier à soi »