Tous ordinairement spéciaux

Hier soir, je suis allée à un cours de yoga. C’était la deuxième fois que j’assistais à un cours avec ce professeur que j’ai découvert la semaine passée. J’avais déjà complètement adhéré à son approche la première fois, car il revient au sens originel de cette pratique qui est, pour résumer, de la méditation en mouvement.

La pratique du yoga est personnelle mais on peut néanmoins l’exercer avec des personnes autour de nous, ce qui en fait un moment de partage, par l’état d’esprit et les énergies qui circulent. Le yoga n’est pas un exercice de performance. Il n’y a pas lieu de comparer notre pratique à celle des autres, ni à nos expériences précédentes (par exemple: j’étais plus souple la dernière fois dans cette posture). Les asanas ne sont pas des postures statiques, le but n’est pas d’arriver à une position parfaite, puis s’arrêter. On cherche à vivre ses postures, les ressentir, les faire évoluer si l’on en ressent le besoin. L’objectif n’est pas de terminer quelque chose car il n’y a pas de passé ni de futur, seulement le présent.

De nombreux professeurs, malheureusement, oublient de nous transmettre cette philosophie qui justifie les mouvements du corps. J’ai retrouvé cela avec ce professeur. Mais ce n’est pas de cela dont je voulais parler, plutôt d’une réflexion qu’il a amenée hier au début du cours, avant de commencer notre pratique.

Notre enseignant à commencé par citer ces mots – sans se souvenir de son auteur et je n’ai pas non plus trouvé la référence donc si vous l’avez, n’hésitez pas à partager:

 

Nous sommes tous spéciaux, comme tout le monde.

 

Cette phrase m’a directement touchée car j’ai parfaitement ressenti ce qu’il voulait dire. Mon égo aussi l’a comprise immédiatement, et peut-être est-ce mon sens de l’autodérision qui m’a alors fait sourire.

Nous cherchons perpétuellement à être quelqu’un de spécial. Pour le prouver aux autres et par conséquent à nous-même. Car ce que l’on cherche dans le regard et les paroles des autres, c’est l’image que l’on aimerait avoir de soi (« X a trouvé que j’étais spéciale, alors oui, j’ai une raison de le croire »).

Pourquoi? Car notre égo vit s’il se sent spécial. Si nous sommes ordinaires, notre égo ne se distingue plus des autres et c’est comme s’il mourrait. Et si notre égo meurt, on a peur de mourir aussi.

Si c’est un peu difficile à comprendre, on peut aussi dire que l’on aurait l’impression de ne plus avoir de contours, de forme, que notre image s’effacerait, que l’on deviendrait transparent. Une goutte d’eau ne se distingue pas dans un océan, elle se fond parmi les autres gouttes. On ne nous verrait plus. On nous oublierait.

Je reconnais bien volontiers l’immense place que prend mon égo. Mon besoin de toujours faire, accomplir, réaliser, montrer, me comparer aux autres, me comparer à comment j’étais avant, regarder la liste de ce que j’ai fait par le passé et composer celle de ce que je souhaite faire à l’avenir. J’ai l’impression d’être continuellement dans cette dynamique. Très rares sont encore les moments dans lesquels je vis et je ressens sans jugement.

Même s’il est très difficile d’évoluer, je me rends tout de même compte de ce processus mental. Le yoga a joué un rôle très important dans cette prise de conscience, grâce à l’expérimentation que j’en ai fait, car rien ne vaut l’expérience réelle. L’intellectualisation des concepts de « moment présent » ou d' »égo » est très compliquée et peut-être mal comprise. Je ne dis pas que lire et en parler ne sert à rien, au contraire, mais ce n’est certainement pas suffisant.

L’égo n’est pas un ennemi à abattre, il nous est utile, il doit simplement reprendre sa juste place.

J’ai écrit cet article simplement, comme j’aurais écris une note dans un journal intime, car l’écrire me permettra peut-être de me reconnecter à cette réflexion et aux sensations associées si je les perds à un moment donné. J’aurais pu le garder pour moi mais j’ai pensé que cela vous inspirerait éventuellement.

Namaste

cof

 

 

 

 

 

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