Dénoncer n’est pas lutter.

Vous êtes choqué.e.s par cet article? Révolté.e.s?

Tant mieux.

Mais hé, juste pour enfoncer le couteau dans la plaie, ce genre de situation en France est TRISTEMENT BANALE.

Au cas où vous ne seriez pas au courant (si vous êtes un ermite ou si vous avez un syndrome de déni par exemple), ce n’est pas un acte isolé.

En préambule: oui, j’ai été témoin de situations sensiblement similaires à Paris. Oui, j’ai été harcelée plusieurs fois. Oui, je sais de quoi je parle, comme toutes les femmes qui vivent en France. Et oui, ça n’arrive pas qu’en France mais c’est ce dont je parle ici.

Alors ok, c’est bien de faire des articles suite à ce genre d’évènements, c’est même indispensable d’en parler car ça ne doit JAMAIS devenir acceptable. Mais on s’entend que ça va faire réagir les médias et les gens pendant, quoi, 2 jours, puis tout le monde va gentiment s’en retourner à l’affaire Benalla (oui parce qu’il n’y a que ça qui nous intéresse, pas vrai? En tout cas c’est ce que j’ai lu. Les médias doivent mieux savoir que nous). Ensuite on attendra peut-être un projet de loi peut-être acceptable.

On s’entend aussi qu’en parler pendant 2 jours, ça ne va servir à rien. Est ce que les hommes qui harcèlent et agressent vont arrêter de se comporter comme cela? Non. Est-ce que la médiatisation de ce genre d’évènement va leur faire peur? Non. Est-ce que ça leur procure la moindre émotion qu’on en parle? Probablement pas.

Ces hommes là s’en battent les c*** qu’on se sente en insécurité, qu’on ai peur de se faire frapper, insulter, violer, ou même simplement toucher.

BALEK je vous dit.

 

Parce qu’en vrai, il va se passer quoi là? Oh génial, on a des preuves, des vidéos, on va accompagner la victime et témoigner. Puis quoi? Ça restera un fait divers. Les harceleurs ne vont pas se sentir en danger après ça. Il ne vont pas sentir qu’il y a un risque, un réel danger pour eux à continuer d’agresser et harceler des filles.

Il ne vont pas ressentir cette peur qu’on a dans le bide quand nous, les femmes, on sort dans la rue. Alors bien sûr, on n’a pas peur tout le temps, heureusement. Parfois on n’y pense pas. Mais le moindre regard, geste, parole ou situation gênante ou déplacée nous remet directement cette putain de boule dans le ventre. Je ne te parle pas des petits papillons quand tu es amoureux/se. Non, de la boule de la peur. Messieurs, certains d’entre vous ne savent pas ce que c’est.

Est-ce qu’un jour on va VRAIMENT faire quelque chose de significatif contre ça? Est-ce qu’un jour les femmes en France se sentiront vraiment en sécurité?

Ce qui me met encore plus en colère, c’est que ce genre de situation est une des raisons pour lesquelles je ne veux plus vivre à Paris. Ouais, des hommes que je ne connais pas puissent ont une influence dans mes choix de vie personnelle. Putain, c’est triste.

Voilà. Paris, je t’aime mais je ne peux plus vivre chez toi à cause de tes rats.

Mais Paris n’est pas une exception française. J’ai vécu dans d’autres villes en France et c’est pareil. Aujourd’hui, je suis expatriée à Montréal. Ici, il n’y a pas la moitié des comportements des hommes en France qui seraient tolérés. Ici, je ne me fais pas harceler.

J’aime la France, j’aime ma culture, j’aime mon pays. Mais je hais que l’on continue d’accepter ce qui s’y passe. Désolée, mais le dénoncer dans les médias n’est pas résister. Dénoncer n’est pas changer. Dénoncer n’est pas lutter. En France, nous restons gouverné.e.s par des hommes qui ne font rien pour que cela change.

Vas-y, colle moi l’étiquette de féministe enragée. Tu veux que je te dise? BALEK. 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s