Newsletter d’#août – La communication non violente

«  La violence, quelle que soit sa forme, est une expression tragique de nos besoins insatisfaits »

Marshall B. Rosenberg

 

Le jour où j’ai découvert qu’il existe quelque chose qui s’appelle la « communication non violente » et que l’on peut l’apprendre, j’ai réalisé à quel point notre communication au quotidien pouvait être, par opposition, violente.

Bien sûr il y a les paroles, dialogues et attitudes volontairement violents – à base d’insultes, de cris, de messages humiliants – dont j’ai pu comme tout le monde être la témoin, la victime voire l’auteur (et oui, ça fait mal de le reconnaître). Ceux-là, je les identifie plutôt très bien. Mais ensuite il y a la communication négative, plus subtile, qui peut traduire une certaine violence surtout lorsqu’elle est récurrente : le jugement, les sous-entendus, le dénigrement, les injonctions, les yeux au ciel, les soupirs, etc.

Depuis que je m’exprime de façon plus régulière et publique sur des sujets aussi polémiques que l’égalité des sexes, le féminisme ou la masculinité, je reçois autant de preuves d’une mauvaise communication. Certains messages que j’ai pu lire sur Internet ou qui m’étaient directement adressés recouvraient de la revanche personnelle, de la frustration ou de la haine de l’Autre. Cette communication renforce l’opposition entre les parties qui croient entamer un dialogue mais ne font que camper sur leurs positions. C’est une partie de tennis ou chacun se lance des arguments dans l’unique but de gagner Roland Garros. Je sais que ça peut être utopiste mais en lançant mon podcast Bleu Bonbon, je voyais (je vois toujours) plutôt cela comme un puzzle collectif. Chacun amènerait une pièce pour que l’on fasse, ensemble, un tableau de nos différentes expériences et idées afin d’en tirer des conclusions et éventuellement essayer de changer certaines choses.

En me lisant là, je me rend compte à quel point je suis effectivement utopiste… Mais est-ce que je dois arrêter pour autant?

Je m’égare un peu, revenons au sujet que je voulais aborder: la communication non violente donc, désignée également par son acronyme CNV. Changer sa communication est un exercice extrêmement difficile et j’ai beaucoup à apprendre. Moi qui suis très sensible et émotive, j’ai toujours une première réaction forte, viscérale, instinctive lorsque je lis quelque chose qui me révolte ou que l’on m’agresse. Mes premières pensées et instincts sont violents, improductifs. Je m’efforce donc au maximum de ne pas publier ce que je peux écrire sous le coup de l’émotion (parfois nécessaire pour exorciser). J’attend un peu puis je me rappelle mes objectifs afin de rédiger une réponse le plus possible dénuée de toute animosité. J’essaie de répondre aux questions avec sincérité, de reformuler ce que dit l’autre pour être sûre d’avoir compris son message. Bien souvent  alors transparaît le fond de ses pensées et son intention première qui est de se défouler. Et puis parfois, je fais des ratés.

J’ai donc commencé à apprendre ce qu’est la communication non violente et je peux déjà vous dire que je regrette une chose: ne pas l’avoir appris plus tôt, à l’école. Je pense que cet enseignement devrait être obligatoire et peut-être qu’après avoir lu ma newsletter, vous serez du même avis. Même si ça n’est pas le cas, j’en discuterais avec vous avec plaisir, en toute sincérité et bienveillance.

Bonne lecture.

 

CNV

 

Abandonner la violence au profit de l’empathie, l’authenticité et le respect

Pour commencer, voyons précisément ce qu’est la Communication Non Violente. Sa dénomination en donne une définition par la négative: on nous dit ce que cette communication n’est pas, à savoir par exemple: agressive, jugeante ou humiliante. Mais qu’est-elle alors? Sur quelles valeurs, principes, est-elle assise?

Le site francophone de la CNV nous en donne une bonne présentation, tant sur ses principes que sur sa création. Cet article de Contrepoints explique également clairement l’utilité de la CNV et fait un rapprochement avec une communication libérale, où chacun exprime librement ses besoins et valeurs pour arriver à une harmonie collective.

 

Qui est Marshall B. Rosenberg, le père de la CNV?

La CNV telle qu’elle est connue et enseignée aujourd’hui est attribuée a Marshall  B. Rosenberg, un docteur en psychologie clinique américain, né en 1934 et décédé en 2015. Il a théorisé la CNV dans les années 1960 aux Etats-Unis. Pour en apprendre plus sur lui, le plus éclairant me semble de lire ce que lui même a à dire sur la CNV, dans cette interview ou encore dans celle-ci.

 

La CNV comme outil pour parler de sujets… délicats

L’apprentissage de la CNV est long et compliqué car lorsque l’on se sent agressé, il est difficile de ne pas retomber dans un mode de communication « violent ». Et parfois, notre interlocuteur n’est pas réceptif à la communication non violente que nous essayons d’instaurer. Il faut donc persévérer, car la CNV semble être un outil extrêmement utile pour parler de sujets compliqués, qui divisent, provoquent des tensions, réveillent de la colère, par exemple: les injustices, les discriminations ou encore la politique, comme on peut le lire dans cet article de Slate.

 

CNV, sciences et éducation

Des études en neurosciences ont démontré l’impact des relations humaines sur le développement du cerveau et donc sur les comportements humains. Nos expériences modifient notre cerveau tout au long de notre vie; cependant, les impacts les plus importants ont lieu avant la fin de l’adolescence et surtout dans la petite enfance. Cela semble évident mais il est important de le rappeler: la façon dont nous communiquons avec les enfants va affecter la formation de leur cerveau et donc leurs comportements en tant qu’adultes. La communication non violente serait donc extrêmement bénéfique comme on peut l’apprendre dans cet article ou dans cette conférence de la pédiatre Catherine Gueguen (assez longue mais passionnante si vous voulez creuser un peu plus le sujet).

 

Un lien entre la CNV et la spiritualité

Isabelle Padovani enseigne la CNV et anime de nombreuses conférences sur ce sujet. Sur sa chaîne Youtube, vous pouvez en retrouver plusieurs extraits. Dans cette interview, elle parle de son rapport personnel à la CNV, de ce que ce mode de communication lui apporte dans sa vie et du lien qu’elle fait avec la façon dont elle vit sa spiritualité.

 

La CNV dans le monde

L’intérêt de la CNV est aujourd’hui reconnu dans de nombreux endroits sur la planète et elle est enseignée sur les différents continents, à des formateurs, des élèves ou encore des détenus. Cependant, sa popularité pourrait encore largement s’accroître et si des projets sont créés un peu partout, ils ont besoin de soutiens financiers, humains et de médiatisation. Le projet de film Big Dream notamment serait un bon moyen de populariser la CNV et j’espère qu’il verra le jour.

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