Écarter ses limitations/ Repousser ses limites

Voici venu le temps où plusieurs d’entre nous font leur bilan personnel de l’année qui vient de s’écouler et, éventuellement, se donnent des objectifs pour la suivante. La fin d’année calendaire est toujours une période importante pour moi car c’est aussi le temps de mon anniversaire, ce qui me donne une double occasion de regarder le chemin parcouru. Plutôt que des objectifs, je me donne en général des intentions pour les douze mois à venir.

Cette année (2018/ mes 28), j’ai fait beaucoup de choses. J’ai cassé quelques barrières mentales que j’avais. Dans plusieurs situations, j’ai osé. J’ai mis de côté des appréhensions et je me suis lancée. Parfois, j’ai atterri comme un chat, sur mes pattes. Parfois, je me suis cassée la gueule. La fin de l’année a été émotionnellement difficile mais je sais que c’est un passage obligé. La vie est faite de cycles. En 2018, j’ai fait des découvertes et des explorations, suivant l’intention que j’avais définie en janvier.

Mais je sais que je pourrais aller plus loin. J’entre dans ma trentième année. En décembre 2019, j’écrirai mon âge en commençant par un 3. Alors d’ici là, je vais exploiter au maximum cette dernière année de ma vingtaine pour pouvoir à la fin m’affaler dans mon canapé mental en soupirant : ouf, c’était intense, mais j’en ai bien profité.

Mais qu’est-ce qui pourrait m’empêcher d’aller plus loin? Qu’est ce qui nous freine en général? 

Si je me raccroche à ce que j’ai lu récemment et que je crois vrai, la palette de nos émotions peut finalement se classer en deux catégories: la peur et l’amour. La peur regroupe toutes les émotions négatives (la colère, la jalousie, l’envie, l’angoisse, etc.): notre égo l’active et l’alimente; c’est ce qui nous freine. L’amour au contraire regroupe les émotions positives: notre égo s’abandonne; nous avançons.

Donc ce qui pourrait m’empêcher d’aller plus loin, comme ce qui m’a bloquée jusqu’ici, c’est bien la peur. Notamment celle de ne pas être capable. Et c’est là que de mon cerveau ressort quelque chose qu’avait dit mon professeur de yoga il y a quelques mois.

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Il s’agit en fait d’un mot qu’il a ajouté à la fin d’une phrase, pour la nuancer.

Il parlait du fait d’être attentif(/ve) dans nos postures pour éviter de se blesser, de l’importance d’une bonne écoute pour identifier nos limites. Et juste après « limites », il a ajouté : « ou limitations ».

Pourquoi cette précision?

En terminant sur « limites », sa phrase était claire et je n’y aurait sûrement pas réfléchi plus que cela. A ce moment là, j’ai décidé de mettre cette pensée dans un coin de ma tête et d’y revenir plus tard. Et j’y suis revenue.

Voici mon interprétation de la différence entre ces deux termes. La votre différera peut-être.

La limite est objective. Elle peut être physique, d’où le risque de se blesser – se déchirer un muscle lors d’un entrainement trop intense. Mais elle peut-être aussi mentale car on peut se blesser émotionnellement – tomber dans la dépression.

Quelle serait donc la limitation? A mon sens, c’est l’idée que l’on se fait de nos propres limites. Je dirais donc que par opposition à la limite, elle est subjective et découle de notre perception ou de notre projection.

La limite peut être l’équivalent de la limitation mais la plupart du temps, j’imagine qu’elles sont différentes. Par exemple, si l’on a tendance à se dévaloriser, que l’on a peu d’estime de soi, on va placer ses limitations en-dessous de ses limites réelles. « Je n’y arriverai pas car je suis trop ceci ou je ne suis pas assez cela ». On prend nos limitations pour des limites, parce qu’on prend notre perception de nous-même pour une réalité (que l’on croit souvent immuable par ailleurs).

Dans certains cas, on se fixe des limitations par peur de la réaction des autres: « Je ne peux pas faire cela parce qu’on va me juger/ parce que ce n’est pas socialement accepté/ parce que je risque de perdre quelque chose ou quelqu’un ».

Parfois, on fait l’inverse et on place ses limitations au-dessus de ses limites. « Mais non je n’ai pas mal/ je peux continuer malgré la souffrance/ je peux endurer encore un peu ». Jusqu’à la fracture, jusqu’au burn-out.

Je ne sais pas toujours où sont mes limites; par contre, j’arrive à savoir quand il s’agit d’une limitation que je me mets. Et c’est assez simple, il suffit que je sois honnête avec moi-même et que j’admette que j’ai peur. De l’échec, du rejet, du ridicule, de la souffrance, par exemple.

 

Combien de fois ai-je pensé ne pas être capable de quelque chose que j’ai finalement fait, parfois même plutôt bien?

Petite, j’étais extrêmement peureuse. De tout, mais surtout des gens. La vie a de l’humour parce qu’aujourd’hui, tout ce qui me passionne et anime mes projets, ce sont les gens. Les choses évoluent, on peut apprivoiser ses peurs.

Si l’on m’avait demandé à 15 ans si je pensais pouvoir un jour être capable de défendre des idées, d’argumenter et de négocier avec des personnes notamment plus expérimentées que moi, j’aurais répondu en toute sincérité: « Pas du tout. J’en suis incapable ». On m’aurait demandé pourquoi et j’aurais dit: « Parce que je suis timide ».

Je me réduisais à un seul adjectif, à une seule facette de ma personnalité. Je ne savais pas que l’on pouvait être timide et autre chose. Timide et passionné(e). Timide et maître de son vocabulaire, de ses arguments, de son discours. Je ne savais pas non plus que l’on pouvait évoluer autant. Passer d’une timidité handicapante à une timidité assumée, flexible (voire éventuellement, charmante?).

Les limites se repoussent mais il faut le faire progressivement. Pour notre corps, on le comprend plus facilement: au départ, on est raide et frêle, puis on s’entraîne et on est plus rapide, plus souple et plus fort(e).

Les limitations se repoussent également, ou s’écartent. On peut aller plus loin parce qu’on croit qu’on peut aller plus loin.

 

Mais il y a des ajustements à faire. Parfois, j’essaie de me dépasser mais je le fais pour les mauvaises raisons: pour le défi « en soi », mais pas vraiment pour moi. Je comprend petit à petit qu’il faut différencier « se mettre un coup de pied au cul » pour ne pas être paralysé(e) par ses limitations et « ne pas se forcer à faire quelque chose que l’on ne veut pas, qui ne nous correspond pas ».

Parfois aussi, croire que « tout est dans la tête » et que l’on peut sans cesse repousser ses limites et limitations, cela donne un sentiment de puissance, de maîtrise. On croit que l’on peut tout contrôler finalement. Evidemment, ce n’est pas le cas et il m’arrive régulièrement d’être rattrapée par la réalité. De me retrouver face à un mur. Car non, le pouvoir de ma propre pensée ne semble pas pouvoir changer le cours de toutes les choses. Je dois certainement apprendre à gérer la déception, la désillusion, la douleur, la honte. Accepter ce que je ne peux pas changer et être patiente.

La patience n’est certainement pas ma plus grande qualité. Néanmoins, pour ce qui est de maintenant, je n’ai pas envie d’aller trop vite. L’année n’est pas encore terminée. On verra plus tard pour les conclusions que je tirerai de cette réflexion et les intentions que je choisirai pour l’année prochaine.

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