Je suis un saumon

Non, je vous rassure, les fêtes de fin d’année ne m’ont pas fait perdre la tête. Je n’ai ni abusé du champagne, ni du cannabis et je sais que je ne suis pas vraiment un saumon. Mais lisez la suite.

Il y a un an, j’ai débuté l’année avec des envies et des objectifs précis. J’avais écrit un article dans lequel j’avais dit que ce serait pour moi « l’année de la découverte ». Il faut dire qu’à cette période-là, suite à une rupture amoureuse et dans le début de ma vie montréalaise, j’avais besoin de me donner des lignes directrices, des intentions, des challenges ou peu importe comment on les appelle.

J’avais en tête de trouver plein (ou toutes? mon côté naïf?) de réponses en 2018. Je les ai finalement assez peu trouvées. Ce qui m’est arrivé et ce que j’ai fait cette année n’était pas dans mes plans au départ, mais c’était super. Cette année a été très riche, très positive. Mais voilà, je n’aurais pas imaginé, plus d’un an après mon installation à Montréal, me sentir autant perdue qu’à mon arrivée si ce n’est plus.

Je me sens comme un saumon car j’ai l’impression de remonter la vie à contresens.

Je vieillis bien dans le même sens que les autres (je suis peut-être un saumon mais pas Benjamin Button) mais j’ai l’impression que la plupart des gens trouvent au fur et à mesure une stabilité, un ancrage, que ce soit dans leur vie personnelle ou professionnelle. Et moi, plus je vieillis, plus je me sens perdue.

Alors certes, pas à tous les niveaux. Je me connais de mieux en mieux et je développe ma confiance en moi. Mais comme je n’ai plus vraiment de point d’attache quelque part, je me retrouve face à moi-même et donc face aux vraies questions et aux vrais choix.

Au-delà des questions existentielles de la vie (Qui suis-je? Qu’est-ce que je souhaite faire? Qu’est-ce qui m’en empêche vraiment? etc.) je m’en pose de plus concrètes. Est-ce que je veux me lancer dans de nouvelles études? Si oui, lesquelles, car à peu près un million de choses m’intéressent? Est-ce que je voudrais travailler à mon compte? Vivre plus proche de la nature? Me poser avec quelqu’un? Et où est-ce que je veux vivre en fait?

Le retour à Paris en fin d’année m’a encore plus retourné le cerveau. Revoir mes proches, être entourée, retrouver mes habitudes, voir ce que je pourrais vivre en étant là-bas. Et donc ce que je loupe en repartant.

Oui, mais rentrer après avoir tout plaqué si peu de temps auparavant? Et pour faire quoi, moi qui ai voulu fuir Paris à tout prix?

Montréal m’a accueillie, donné un nouveau souffle, une nouvelle énergie, de nouveaux amis, de nouvelles inspirations et je ne suis pas prête à quitter tout cela. Mais Montréal semble être un point de passage pour beaucoup, et s’ancrer dans une ville si mouvante me ferait probablement me sentir seule au bout d’un certain temps.

Il y a partir, rester, mais je pourrais tout aussi bien aller autre part. Voyager un temps. Rencontrer des gens, apprendre de nouvelles choses. Et me poser plus tard.

Je dois faire mes choix pour les bonnes raisons. Sauf que je ne sais plus quelles sont les bonnes raisons. Le cœur, le cerveau, le ventre. Tous les trois ont leur mot à dire et braillent à longueur de temps. Ils ne cessent de clamer haut et fort leurs arguments en faveur de telle ou telle option. Et moi je les écoute, plus perdue que jamais.

J’essaie donc je me reconnecter à cette intuition qui m’avait si bien guidée vers Montréal, une des meilleures décisions de ma vie.

Je ne ferais certainement rien dans la précipitation. Sauf énorme aléa de la vie, cette année sera montréalaise, comme la précédente. Je ne suis pas prête pour un changement radical à nouveau. J’ai juste besoin d’une petite lumière pour la suite, d’arriver à faire le ménage de toutes mes pensées et émotions contradictoires qui se battent à l’intérieur de moi.

C’est fou, quand on est sous la contrainte, on se sent prisonnier et on rêve de liberté. Et quand comme moi, on a l’immense privilège d’avoir des choix à faire, on a du mal à gérer l’inconfort dans lequel cette position nous met.

Finalement, arrivant à la fin de cet article, je me dis que si 2019 pouvait m’apporter quelque chose, j’aimerais bien que ce soit de la confiance et de la sérénité.

Bonne année à vous!

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s